EL KADADA

Situé à 180 km de Khartoum,en bordure du Nil, le site d'El-Kadada présente les vestiges de toutes les périodes.

Fouillé par la S.F.D.A.S. avant la construction d'un canal d'irrigation et d'une station de pompage dans les années 80, il révéla d'immenses gisements préhistoriques. Sans entrer dans les détails, deux sites d'habitat et quatre cimetières datant du néolithique permettent aujourd'hui d'affirmer l'existence des premiers agriculteurs-éleveurs dans la région. Plus de 300 tombes ont été mises à jour, nous renseignant sur les rites funéraires de ces hommes.

Enterré au centre d'une fosse individuelle, le défunt est en position fléchie ou recroquevillée et entouré d'objets dont la signification reste ancore aujourd'hui assez obscure : céramiques, os, parures. L'abondance du matériel selon certaines fosses permet d'établir qu'il y avait statut social mais l'interprétation des cimetières ne se base à ce jour que sur une suite d'hypothèses anthropologiques.

Mais El-Kadada a livré par la suite une documentation inestimable concernant la culture méroïtique, nous révélant d'un coup que l'empire méroïtique n'avait pas disparu avec la fin des constructions des pyramides, comme on l'avait supposé, mais avait perduré tout en adoptant le tumulus. Les rites funéraires méroïtiques étaient les mêmes à El-Kadada ! La conclusion s'imposa alors : les nécropoles royales méroïtiques n'étaient plus à Méroé mais ailleurs, dans le Sahel. Dans les années 1980, la S.F.D.A.S. fouilla pas moins de 350 km sur les deux rives, en quête d'un immense "champ tumulaire", digne d'une nécropole.

Aujourd'hui, deux sites sont retenus comme tel :

el-Kadada et El-Hobagi (sur l'autre rive), celui-ci ayant livré dès 1987 sept magnifiques tombeaux impériaux.

 

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